Cet article résume les règles publiées par la CNIL pour les particuliers, telles qu'elles s'appliquent en octobre 2026. Il ne remplace pas l'avis d'un juriste si vous êtes déjà en conflit avec un voisin ou un salarié.
La règle de base : chez vous, oui ; au-delà de votre clôture, non
Un particulier peut installer des caméras à l'intérieur de son logement et sur son terrain : pièces de vie, garage, jardin, allée ou chemin d'accès privé. Il n'a aucune autorisation à demander ni aucune déclaration à faire tant que les images restent dans ce périmètre.
Ce qui est interdit, c'est de filmer ce qui ne vous appartient pas. La CNIL est très claire sur un point qui surprend beaucoup de monde : la voie publique ne se filme pas, même pour garder un œil sur sa voiture garée devant le portail. Seules les autorités publiques peuvent filmer la rue. Même chose pour le jardin, la terrasse ou les fenêtres d'un voisin.
Le cas le plus fréquent dans le Var : la porte qui donne directement sur la rue
Dans les villages de la Dracénie ou les vieux centres comme celui de Fréjus, beaucoup de maisons ouvrent directement sur le trottoir. Une caméra au-dessus de la porte filme alors forcément les passants. Dans les lotissements de Saint-Raphaël ou de Puget-sur-Argens, c'est plutôt le terrain du voisin qui entre dans le champ, parce que les parcelles sont proches.
Ce n'est pas une raison pour renoncer, mais il faut régler la caméra en conséquence :
- Orienter vers le bas : on cadre le seuil, la boîte aux lettres, le pas de porte, pas le trottoir d'en face.
- Masquer les zones interdites : les caméras Hikvision que j'installe permettent de dessiner des « masques de confidentialité ». La partie de l'image qui montre la rue ou la maison voisine apparaît en noir, elle n'est ni affichée ni enregistrée.
- Choisir une focale plus serrée : un objectif grand angle est pratique dans un jardin, mais sur une façade de village il attrape tout le carrefour.
- Préférer parfois un détecteur à une caméra : un détecteur extérieur Ajax qui prend une série de photos uniquement en cas d'alarme suffit souvent à savoir ce qui se passe, sans filmer la rue en continu.
Si un voisin s'inquiète, le plus simple est de lui montrer l'image sur votre téléphone : voir la zone noircie règle en général la question à l'amiable.
Les personnes qui travaillent chez vous
Assistante maternelle à domicile, aide-ménagère, aide à domicile pour un parent âgé, jardinier : dès que quelqu'un travaille chez vous, deux règles s'ajoutent.
- Le prévenir : la personne doit savoir qu'il y a des caméras et où elles sont, par exemple par une mention dans le contrat ou une affichette.
- Ne pas la filmer en permanence pendant son travail. Une caméra peut surveiller une entrée ou une baie vitrée ; elle ne doit pas servir à observer chaque geste d'une personne pendant toute sa journée. Et certaines pièces restent hors de question, comme les toilettes ou un endroit où elle se change.
En pratique, avec une installation Ajax, on peut programmer les caméras intérieures pour qu'elles ne soient actives que lorsque la maison est vide et l'alarme armée. La personne qui garde les enfants n'est donc jamais filmée pendant ses heures de présence, et la maison reste protégée le reste du temps.
Le son : la plupart des gens l'oublient
Beaucoup de caméras grand public enregistrent le son par défaut. Or le Code pénal (article 226-1) punit le fait d'enregistrer, sans leur accord, les paroles prononcées à titre privé par une personne : jusqu'à un an d'emprisonnement et 45 000 euros d'amende. Une conversation de vos invités, d'une aide à domicile au téléphone ou d'un voisin dans son jardin entre dans ce cadre.
Mon conseil est simple : coupez le micro des caméras qui n'en ont pas réellement besoin. Pour la sécurité d'une maison, l'image suffit presque toujours.
En copropriété : votre balcon oui, le palier non
Dans un appartement, vous pouvez filmer l'intérieur de votre logement, et votre terrasse ou votre jardin privatif s'ils ne donnent à voir que chez vous. En revanche, une caméra qui filme le palier, la cage d'escalier, le hall ou le parking commun doit être votée en assemblée générale de copropriété, et c'est alors le syndic qui en a la responsabilité. Un copropriétaire ne peut pas décider seul de poser une caméra dans les parties communes, même à côté de sa porte.
Pour un appartement du bord de mer à Fréjus ou Saint-Raphaël, la solution la plus courante reste une alarme intérieure, éventuellement avec une caméra tournée vers la baie vitrée : le kit alarme appartement en donne un exemple.
Location saisonnière : un cas à part
Quand vous louez votre maison ou votre appartement, le logement devient le domicile du vacancier pendant son séjour. Les caméras intérieures sont donc à proscrire, et les plateformes de location l'interdisent elles aussi. J'ai détaillé ce cas dans l'article sur l'alarme et les caméras en location saisonnière à Fréjus et Saint-Raphaël.
Combien de temps garder les images ?
Pour un particulier, il n'existe pas de durée unique fixée par un texte, contrairement aux commerces. Le bon sens est de garder les images juste le temps de s'apercevoir d'un problème : en pratique, je règle l'enregistreur pour qu'il réécrive sur les plus anciennes images au bout de quelques semaines. Les séquences utiles (une effraction, un dégât) se sauvegardent à part pour être remises à la gendarmerie ou à l'assureur. Et l'accès à l'application se protège par un mot de passe solide, que l'on ne partage pas avec tout le monde.
Pour un magasin, un restaurant ou un cabinet, les règles sont différentes (autorisation de la préfecture, panneau, information des salariés) : voyez l'article vidéosurveillance en commerce et RGPD.
Et si c'est le voisin qui vous filme ?
Commencez par en parler avec lui : souvent, il n'a pas conscience que sa caméra voit chez vous, et un réglage suffit. Si rien ne change, un courrier lui rappelant les règles est l'étape suivante. Ensuite, vous pouvez déposer une plainte auprès de la CNIL, vous adresser à la gendarmerie ou à la police, ou saisir la justice : l'article 9 du Code civil protège le droit de chacun au respect de sa vie privée.
Ma façon de faire lors d'une installation
Quand je pose un système de vidéosurveillance chez un particulier, je règle les champs de vision avec le client, écran en main, avant de partir. On vérifie ensemble que la rue et les voisins sont hors champ ou masqués, que le micro est coupé là où il ne sert à rien, et qui aura accès aux images. Cela prend quelques minutes et évite bien des tensions avec le voisinage.
J'interviens dans tout le Var, en particulier à Fréjus, Saint-Raphaël, Draguignan et Vidauban.
Questions fréquentes
Ai-je le droit de filmer ma voiture garée dans la rue ?
Non. Même si la voiture vous appartient, la rue est un espace public que seules les autorités peuvent filmer. Si la voiture dort dans votre allée ou votre garage, en revanche, vous pouvez la filmer sans restriction.
Faut-il une autorisation ou une déclaration pour une caméra chez soi ?
Non, pas pour un particulier qui filme uniquement son logement et son terrain. Les démarches auprès de la préfecture concernent les lieux ouverts au public, comme les commerces.
Une fausse caméra pointée vers la rue pose-t-elle problème ?
Elle n'enregistre rien, mais un voisin ou un passant ne le sait pas et peut se sentir surveillé, ce qui crée des conflits. Mieux vaut une vraie caméra bien réglée ou un panneau signalant que la maison est protégée par une alarme.
Puis-je filmer la nounou ou l'aide à domicile ?
Oui, à condition qu'elle en soit informée et qu'elle ne soit pas filmée en continu pendant tout son travail. Les toilettes et les lieux où elle se change sont exclus. Le plus simple est de n'activer les caméras intérieures que lorsque la maison est vide.
Les images d'une caméra privée peuvent-elles servir après un cambriolage ?
Oui, elles peuvent être remises aux enquêteurs avec votre plainte. Pensez à sauvegarder la séquence rapidement, avant que l'enregistreur ne la réécrive.

